LES MAITRES FOUS J ROUCH

Publié le par TCHOK EN DOC


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Les Maitres fous: rêves transformés en réalité, les frustrations de la colonisation enfouies sous l'action, le temps d'un soirée

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Extraits des cartons intertitres et des commentaires du film.

« Venus de la brousse aux villes de l'Afrique Noire, de jeunes hommes se heurtent à la civilisation mécanique. Ainsi naissent des conflits et des religions nouvelles. Ainsi s'est formée, vers 1927, la secte des Haouka. Ce film montre un épisode de la vie des Haouka de la ville d'Accra. Il a été tourné à la demande des prêtres, fiers de leur art Mountyeba et Moukayla. Aucune scène n'en est interdite ou secrète mais ouverte à ceux qui veulent bien jouer le jeu. Et ce jeu violent n'est que le reflet de notre civilisation » *. 

Venus à Accra (Niger) de toute l'Afrique occidentale, les hommes occupent des emplois de docker, contrebandier, porteur et manoeuvre, berger ou marchand de troupeaux. « Tous les samedis et tous les dimanches, des cortèges parcourent la ville. Alors devant ces bruits, devant ces fanfares, les hommes venus des calmes savanes du Nord doivent se réfugier dans les faubourgs de la ville. Et là, tous les dimanches soirs, ils se livrent à des cérémonies que l'on connaît encore très mal : ils appellent les dieux tougo, les dieux de la ville, les dieux de la technique, les dieux de la force, les Haouka » *. 

Un dimanche matin, tous les membres de la secte se retrouvent à la concession de Mountyeba, grand prêtre de tous les Haouka. « La première partie de la cérémonie est la présentation d'un nouveau. Il sort avec deux fusils de bois, qu'il claque pour imiter les détonations et il menace les anciens. Aussitôt, ceux-ci sont pris d'un début de crise. Il faut saluer le nouveau ! » *. 

Une bagarre s'ouvre, qui laisse le nouveau mal en point. « La deuxième partie de la cérémonie, c'est la confession publique. Autour de l'autel de béton armé, les Haouka qui sont coupables doivent s'accuser. » *. 

L'un des aides de Mountyeba offre un poulet en sacrifice aux dieux. Les punis viennent sur l'autel promettre de ne pas recommencer, puis ils sont conduits hors de la concession. À dix heures, les hommes attendent un chien. « C'est un interdit alimentaire total. Si les Haouka tuent et mangent un chien, ils montreront qu'ils sont plus forts que les autres hommes, noirs ou blancs. » *. 

Peu à peu, chacun entre dans la danse. La possession commence. Les derniers possédés arrivent enfin ; une conférence de la table ronde décide de manger le chien. On égorge la bête, et chacun se précipite pour boire son sang. Une nouvelle conférence décide qu'il faut faire cuire le chien : on pourra ainsi offrir du bouillon et des morceaux à ceux qui ne sont pas là. Le rite accompli, tout le monde se sépare, car il faut libérer les taxis loués pour la journée. Le lendemain, chacun a repris sa place au coeur des activités économiques de la ville... *

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http://www.maitres-fous.net/links/glossary.html#cine_trance

Les Maîtres fous


1955 | 35 mm | 1,37 | 28'

Dans la ville d'Accra, capitale du Gold Coast, des émigrants venus des régions pauvres du Niger se trouvent brusquement plongés dans la vie trépidante de la civilisation occidentale. Ce déracinement provoque des troubles mentaux et l'apparition de nouvelles divinités, les "Hauka" influencées directement par notre civilisation et révélant les traumatismes de la colonisation.

Image : Jean Rouch
Montage : Suzanne Baron
Production : Les Films de la Pléiade
Contact : Les Films du Jeudi


(1917 - 2004)

Jean Rouch n'a pas volé son titre de carte de visite: chargé de recherche au Musée de l'homme. Existe-t-il une plus belle définition du cinéaste?

- Jean-Luc Godard

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